La filière du Thorium
8 janvier
2025
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Michel
Vonlanthen
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Centrales atomiques? Plus jamais !
Mon opinion
Actuellement il faudrait plusieurs décennies pour qu'un réacteur commercial au Thorium soit disponible. Ce genre de filière de production d'électricité diminue le danger du nucléaire, mais ne l'élimine pas pour autant. La problématique de l'approvisionnement en combustible existerait toujours (géopolitique, épuisement des gisements, etc.) et il faudrait investir des dizaines de dizaines de Milliards pour développer cette filière et assurer son démantèlement, argent qu'on ne pourrait pas investir dans la production durable d'électricité.
De mon point de vue, l'Humanité à meilleur temps de miser sur les énergies renouvelables gratuites (soleil, vent, eau, etc.) ce qui aurait un avantage auquel on pense rarement, celui de casser la spirale exponentielle de la consommation. Il faudra quelques décennies jusqu'à ce que toute nos énergies soient durables, en conséquence il faudra les économiser dans un premier temps, ce qui ira dans le sens préconisé par les défenseurs du climat et les anticapitalistes. Et il y a à faire car, en Suisse, on pourrait sans autre multiplier par 10 la production d'énergie solaire puisque, pour l'instant, il n'y a même pas 10% des toits utilisables qui sont équipés de panneaux photovoltaïques. L'avenir est donc là: une énergie gratuite indéfiniment disponible. Il n'y a que la pose de panneaux qui coûte, après l'énergie est gratuite à vie. Qui dit mieux ? |
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Les réacteurs au Thorium
L'Uranium et le Plutonium ont l'inconvénient de générer des déchets, des produits de fission, dont la durée de demi-vie se compte en centaines de milliers d'années. Devoir gérer des déchets dangereux pour l'être humain sur un laps de temps aussi long est impossible à assurer, qui sait ce qui se passera dans 100'000 ans? L'utilisation du Thorium à la place de l'Uranium ou du Plutonium comme combustible nucléaire éliminerait ce grave défaut puisque les déchets les plus toxiques générés ne resteraient radioactifs que pendant environ 300 ans (demi-vie).
Il existe principalement deux types de réacteurs au Thorium en concurrence:
Avantages du réacteur au Thorium
Inconvénients
La filière la plus prometteuse utilisant du Thorium comme combustible semble être celle des réacteur à sels fondus (MSR, Molten-Salt Reactor). On estime qu'il faudrait une trentaine d'années pour développer une filière industrielle au Thorium. Leurs partisans affirment qu'il serait possible de produire de l'électricité à 3ct/kWh, ce qui serait moins cher qu'avec une centrale au charbon. Mais encore faudrait-il que tous les coûts induits soient pris en compte, entre autres ceux du démantèlement de la centrale après usage. Ce n'est jamais le cas dans ce genre d'estimation...
Un des plus grands danger du nucléaire, c'est la production de déchets hautement radioactifs, les actinides, dont la demi-vie se compte en centaine de milliers d'années. Ces déchets produits en continu jour après jour, finissent actuellement dans des endroits sécurisés, attendant d'être enterrés dans des cavernes qu'on suppose sûres à long terme. Cela signifie que ces déchets font augmenter en continu la radioactivité totale de notre planète car on ne peut pas les éliminer, il faut attendre que leur radioactivité décroisse naturellement selon la loi de la désintégration radioactive, ce qui prendra des millions d'années.
Un sur-régénérateur de type Rubbiatron serait susceptible de faire muter du Plutonium (demi-vie 25'000 ans pour arrondir), le faisant passer à quelques centaines d'années, disons 250 ans pour simplifier. Tout en produisant 650MW d'électricité, un Rubbiatron serait donc susceptible de raccourcir la durée de vie des déchets radioactifs d'un facteur 100, ce qui les rendrait un peu moins "inacceptables".
1000 ans après son retraitement par un Rubbiatron, le PU-239 ne dégagerait plus, dans sa caverne, que le 1000ème (pour arrondir) de sa radioactivité initiale, c'est-à-dire l'équivalent de celle de l'Uranium naturel. C'est-à-dire presque acceptable du point de vue environnement si on n'avait pas d'autre solution que le nucléaire pour produire de l'électricité.
Reste la question: Combien de Rubbiatrons devrait-on avoir pour traiter la totalité des déchets à haute activité produits par l'Humanité? Faisons le calcul (à la louche):
Conclusion
Compte tenu qu'il existe environ 350 centrales atomiques dans le monde, il faudrait des siècles pour en construire 2'000 de plus. C'est irréaliste.
D'autant plus que la filière sur-régénérateur (Creys Malville par ex) s'est avérée impraticable car trop dangereuse. Et la filière Rubbiatron nécessite un accélérateur de particules pour entretenir la réaction en chaîne et que ce dernier consomme beaucoup d'électricité lui-même.
On pourrait certes construire des centrales au Thorium à l'avenir, elles produisent des déchets radioactifs à durées de vie bien moins longues. Mais il faudrait toujours détruire les déchets à haute activité déjà produits jusqu'à ce jour, et pour cela, il faudrait construire 2'000 nouvelles centrales, c'est irréaliste. Sans compter que nous avons parlé du Plutonium, mais ce n'est pas le seul déchet de la fission nucléaire, il y en a d'autres, tout aussi dangereux.
Tout cela met
la filière "atomique" hors jeu
D'autant plus que les découvertes succèdent aux découvertes. Par exemple celle des centrales osmotiques.
Finalement,
L'Humanité a meilleur temps de passer le plus vite possible à la production durable d'électricité
car une fois les installations construites, cette énergie-là ne coûte plus rien. Le soleil, le vent ou l'eau sont gratuits. Il n'est plus nécessaire d'acheter des combustibles à l'étranger, du mazout, de l'essence ou de l'Uranium, par exemple.
Références:
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Oublier le passé, c'est se condamner à le
revivre (Primo Lévy)