Enrichissement de l'uranium
14 avril 2026
Copyright Michel Vonlanthen
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L'uranium naturel (92 protons) est faiblement radioactif. Il est essentiellement composé de trois isotopes d'uranium: le U-234 (0,0056%), le U-235 (0,718%) et le U-238 (99,28%). Tel-quel il n'a aucune utilité industrielle ou militaire car seul l'U-235 est fissile et donc capable de partir en réaction en chaîne. Il faut donc augmenter la proportion de cet isotope-là dans le minerais de base, le pechblende. Ce processus s'appelle l'enrichissement. Les valeurs qui suivent sont des ordres de grandeur:
1. Le minerai
Il faut d'abord transformer le minerai extrait,
appelé pechblende,
en poudre afin de le rendre plus facilement transportable. Pour
cela, il faut le concasser, le broyer et le tamiser. La poudre est
ensuite dissoute dans de l'acide, puis précipitée, filtrée, lavée et
séchée. Il en résulte une poudre jaune, appelée
yellow cake, contenant environ
70% d'uranium sous forme d'oxyde. La proportion des isotopes n'a pas
varié mais le minerai est sous une forme pratique pour les
traitements qu'il va devoir subir.
2. Enrichissement
Il existe trois méthodes d'enrichissement de l'uranium:
Le processus d'enrichissement par centrifugation gazeuse consiste à:
3. Conditionnement du combustible
L'hexafluorure d'uranium (UF6) est transformé en poudre d'oxyde d'uranium (UO) par conversion à sec et comprimé en pastilles des 6 à 8 mm de diamètre . Elles sont empilées dans des tubes en alliage de zirconium de 4 mètres de longueur appelés "gaines". L'ensemble pastilles-gaine est appelé crayon. Ces derniers sont groupés par 264 afin de constituer les assemblages de combustible, destinés à la filière des réacteurs à eau légère.
Un réacteur de 900 MW nécessite plus de 40'000 crayons, soit plus de 150 assemblages de 264 crayons. A noter que ces assemblages, faits d'uranium naturel enrichi, sont au départ très peu radioactifs. On peut les manipuler sans précautions particulières. Il n'en est plus de même après leur utilisation comme combustible dans une centrale, car ils contiennent alors des produits de fission hautement radioactifs.
Prenons l'exemple de l'Uranium enrichi à 60% des Iraniens. Quelques points:
En conclusion, il est probable que 10kg d'uranium enrichi et son conteneur pèsent 100kg au total. Dans le cas des 440kg d'uranium iranien, le poids total ferait donc dans les 4 à 5 tonnes, avec la nécessité de bien séparer les conteneurs les uns des autres. Un sacré de travail de transport!
L'OCDE et l'AIEA estiment que les réserves mondiales d'uranium suffisent encore pour environ 130 ans.
Ref:
Le droit international n'accorde l'autorisation d'enrichir de l'uranium à des fins pacifiques qu'aux pays signataires du Traité de non-prolifération (TNP).
Israël n'a jamais accepté de signer ce traité mais laisse entendre qu'il possède l'arme atomique (propagande?). Son centre de recherche est à Dimona, dans le désert du Neguev.
L'Iran a signé ce traité et s'est fait inspecter durant de nombreuses années, mais l'accord a été rompu unilatéralement par le président Donald Trump (USA) en 2018.
En juin 2025, en pleine négociation avec l'Iran, Israël a attaqué l'Iran par surprise et s'est assuré le contrôle de son ciel en détruisant les lanceurs de missiles sol-air. Cela lui a permis de bombarder sans perte les 3 centres d'enrichissement d'uranium, des cibles civiles et militaires et d'assassiner plusieurs chefs militaires.
Les USA ont suivi en larguant des bombes anti-bunkers GBU-57, 12 sur le centre de Fordo, 2 sur Natanz et 30 missiles de croisière Tomahawk sur Isfahan.
En cela, ces deux pays ont violé le droit international, qui interdit le bombardement de sites nucléaires. Sans Même parler du bombardement d'un pays sans avertissement ni déclaration de guerre, et sans preuve d'une quelconque urgence de légitime défense.
Bien que l'uranium enrichi ne soit que très peu radioactif, L'AIEA s'inquiète de ces bombardements, car l'Iran stocke ses déchets radioactifs. Question surveillance et sécurité, il serait logique qu'il les place près de ses centrales d'enrichissement ou de production. Si des bombardements atteignaient ces déchets, leur dispersion créerait les mêmes problèmes qu'avec Tchernobyl ou Fukushima. Les vents les disperseraient sur une grande partie de la terre. C'est la raison d'être de l'interdiction absolue du Traité de non-prolifération de bombarder des sites nucléaires.
L'Iran a toujours revendiqué son droit d'enrichir civilement de l'uranium pour sa centrale atomique. En 2013 il ne pouvait enrichir que le 10ème de ce que consommait sa seule centrale atomique productrice d'électricité située à Busher (915 MWe). Il en a obtenu l'autorisation de l'AEIA, moyennant des contrôles périodiques de cette dernière.
Le gouvernement iranien a toujours déclaré ne pas avoir la volonté de doter son pays d'armes atomiques et enrichir de l'uranium pour des applications civiles. Alors question: Pourquoi a-t-il enrichi de l'uranium jusqu'à 60%?
On peut déjà répondre qu'il en avait le droit puisqu'à ce pourcentage-là, cet uranium ne convient pas à la fabrication d'une bombe mais bien à d'autres applications, médicales entre autres. A noter qu'enrichir ce matériau a des fins civiles est un droit inaliénable de chaque pays, pour autant qu'il soit autorisé par l'AIEA, ce qui était le cas de l'Iran. On peut donc dire que l'Iran, pour sa part, a respecté l'accord qui avait été conclu avec Israël, les USA et les pays occidentaux.
Ce n'est pas le cas des USA puisque son président Trump a rompu le contrat en 2018. Ce n'est certainement pas un hasard car les pays occidentaux auraient dû justement arrêter les sanctions contre l'Iran puisque ce dernier respectait les clauses du traité. Dès lors, s'en retirer permettait aux USA de continuer les sanctions vraisemblablement poussés par les Israéliens.
Il est vrai que l'Iran a toujours déclaré vouloir éradiquer la Palestine de la présence des Juifs car ce pays fait partie du territoire musulman du point de vue religieux. Il est donc sacré et, en conséquence, les pays musulmans ont le devoir d'en faire partir les impies juifs. Cela explique le support de l'Iran au Hezbollah et au Hamas, les ennemis jurés d'Israël. On peut donc comprendre l'acharnement des Israéliens à détruire cette menace.
Une menace exstentielle?
Reste la question de savoir si l'Iran représente une menace existentielle pour Israël.
On pouvait en douter en comparant les forces en présence. Militairement, Israël est bien plus puissant que l'Iran malgré le fait que ce pays soit 9 fois plus peuplé que lui. Preuves en sont les assassinats de hauts dignitaires (général Soleimani entre autres) et de scientifiques nucléaires iraniens perpétrés par Israël, ainsi que les bombardements effectués à tout moment. Le président Netanyahou l'a d'ailleurs déclaré: si un pays s'en prend à l'existence d'Israël, il devra s'attendre à être anéanti, Israël n'hésitera pas à le faire. Tous les pays du Proche-Orient le savent puisque la plupart ont été mis hors jeu par Israël: Liban, Jordanie, Irak, Syrie, etc.
Reste un problème: l'accord de non prolifération atomique n'a été dénoncé que par les USA, pas par les autres pays, si bien qu'en théorie, ces derniers devraient respecter leur promesse de stopper les sanctions contre l'Iran. Mais cela n'a pas été fait si bien que, en réaction, les Iraniens n'ont pas stoppé l'enrichissement de leur uranium et qu'ils ont atteint le pourcentage de 60%.
Il faut dire qu'il est délicat de stopper temporairement un enrichissement opéré par des centrifugeuses car un redémarrage demanderait de longues et délicates opérations. On peut donc comprendre que les Iraniens aient laissé leurs centrifugeuses tourner dès lors que les signataires n'avaient pas respecté leur parole.
Au vu de l'attaque israélienne-américaine de mars 2026, faite par surprise alors que les trois pays étaient en pleine négociation, on peut comprendre que le nucléaire ne soit qu'un prétexte destiné à mettre définitivement à genou un ennemi d'Israël. On peut cependant douter de la durée d'élimination de cette menace, car l'anéantissement d'un ennemi n'a jamais pacifié définitivement une région. Rappelons-nous simplement la guerre de 14-18, qui s'est terminée par l'humiliation de l'Allemagne, et qui a repris 21 ans plus tard!
En 2025, l'Iran n'avait qu'une seule centrale atomique productrice d'électricité: 915 MWe située à Busher. Sur le même site, une seconde est en construction, Busher-2 (915 MWe) et une troisième est planifiée: Busher-3 (915 MWe). Une quatrième est en projet à Darkhovin (360 MWe).
Site de l'AIEA: https://www.iaea.org/fr Le point du 19 juin 2025 de l'AIEA: https://www.iaea.org/fr/newscenter/pressreleases/point-sur-la-situation-en-iran Traité de Non Prolifération: https://fr.wikipedia.org/wiki/Traité_sur_la_non-prolifération_des_armes_nucléaires
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