La fête des Michel
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La fête des Michel
Chaque année depuis 1992, les citoyens de Bussigny prénommés "Michel" se réunissent le 29 septembre pour fêter leur protecteur Saint Michel. Cette année c'était dans le refuge des Daillettes, en pleine brousse, dans la forêt de Bussigny.
"Quis ut Deus" signifie "Qui est comme Dieu", rien de moins !
Le prénom "Michel" a connu son heure de gloire juste après la seconde guerre mondiale. La popularité des prénoms donnés aux nouveaux-nés reflétant souvent ceux des coqueluches cinématographiques du moment, Michel Simon, Michel Auclair, Michel Piccoli, Michel Serrault, Michel Galabru ou Michel Roux, célèbres à cette époque, auraient pu inspirer nos mamans.
Mais il y avait surtout l'archange saint Michel, chef de la milice des "anges du bien" des trois religions monothéistes à avoir pu les inspirer. Voir cet archange terrasser le dragon représentant le diable sur beaucoup de vitraux d'église avait de quoi les inciter à donner ce prénom à leurs chérubins afin de leur permettre de débuter leur vie sous les meilleurs auspices.
Ce 29 septembre, il y avait donc 12 Michel's assis autour d'une table bien garnie afin de fêter leur saint patron. Ce n'est pas beaucoup si on se souvient que plusieurs dizaines de Bussignolets, selon l'Etat-civil, portaient ce prénom là dans la commune à l'époque la plus fournie en Michel's. Mais le temps a passé, et la popularité de ce patronyme a baissé, suivant peut-être le déclin de nos religions. Les mamans d'aujourd'hui choisissent d'autres prénoms pour leurs bambins si bien que les Michel se raréfient au fil des disparitions naturelles de leurs porteurs. A ses heures de gloire, il y avait à chaque fois une vingtaine de convives autour de la table, ce qui représentait entre le quart et la moitié de tous les Michel's de la commune.
Mais peu importe le nombre, l'important est que cette volonté de réunir pour un soir des citoyens de tous bords perdure. A l'époque où les pouvoirs publics ne parlent plus que de réarmer le pays afin de le défendre contre les Russes prêts à se masser à nos frontières pour violer nos femmes et voler nos quatre-heures (on se demande pourquoi les Russes. Que nous ont-ils fait ?), il n'est pas inutile qu'une petite équipe de braves citoyens se réunisse pacifiquement une fois l'an pour célébrer l'amitié, en commençant par tous se tutoyer. Les conversations y vont bon train, émaillées de souvenirs, d'anecdotes et de plaisanteries, c'est tout juste si on a le temps de manger...
"Qui ne peut ne peut" et "y en a point comme nous", voire "la Venoge", pourraient refléter l'ambiance. Même les chants "le vieux chalet" et "lioba" remontés du fond des âges et timidement susurrés ! Rien de révolutionnaire mais de bonnes ondes envoyées aux quatre coins du monde! Tout vaut mieux que la guerre !
Michel Vonlanthen, texte et photos
(avec IA) |