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L'urbanisme à Bussigny


Les batailles perdues se résument en deux mots: Trop tard! (un stratège)

 

Bussigny, village rural de l'Ouest lausannois, a passé en quelques années de l'état de village à celui de ville (plus de 10'000 habitants). Le béton a coulé à flot depuis une dizaine d'années, nous avions une Municipalité de droite qui s'est faite un plaisir d'accéder aux moindres demandes des promoteurs. Maintenant la population commence à en avoir assez de tous ces travaux et aspire à pouvoir jouir de son espace vital sans devoir subir les camions, le bruit, les grues et l'encombrement de ses rues dus aux nouvelles constructions.

 

 

En 2021, dans le canton de Vaud pour ne parler que de celui-ci,  il y a une frénésie de constructions, on  voit vraiment des grues partout, rien que vers le Centre des Autos à la Blécherette (Lausanne), j'ai compté une douzaine de grues. Je ne parle même pas de la gare de Lausanne car c'est une pétaudière de chantiers, de routes barrées et de trajets modifiés.  Et dire qu'on en a pour 10 ans de cette transformation de la gare!...

 

Alors pourquoi cette frénésie?

 

J'y vois deux causes possibles:

  1. Les taux d'intérêt sont très bas
    Si vous empruntez de l'argent, le taux d'intérêt est très bas, souvent moins de 1%. cela signifie que vous pouvez emprunter de l'argent que vous n'avez pas, le faire travailler afin qu'il vous rapporte plus, et vous empochez le bénéfice. Si vous placez votre capital en bourse, il vous rapportera facilement 5%/an. En ayant emprunté votre capital à 1% et fait travailler à 5%, vous récupérerez 4% au passage sans rien faire rien qu'en spéculant. Le seul impératif: pour pouvoir emprunter beaucoup il vous faut donner des garanties à la banque, mais à parti d'un certain nombre d'emprunts,  la banque contrôle mollement et vous prête ce que vous lui demandez puisqu'il y a de l'argent à gagner.

    De mon point de vue, cela explique la vitesse à laquelle certaines entreprises de construction s'agrandissent. En l'espace de 10 ans, une entreprise locale partie de rien, a réussi à accaparer  la plupart des grands chantiers, on voit son logo partout.

    Les dernières statistiques montrent que les milliardaires les plus riches ont doublé leurs fortunes en 2021. C'est du jamais vu et cela explique la frénésie de constructions. Les entreprise poussent pour obtenir des mandats et l'Etat y répond, la plupart du temps en s'endettant. La théorie est que s'il attend pour faire construire, les prix grimperont à cause de l'inflation et de la hausse à venir des taux d'intérêt. C'est bien la théorie dominante du capitalisme: on emprunte et en fin de compte on vit à crédit.

    Le bémol c'est que la machine doit s'entretenir faute de quoi tout le système s'effondre. Si la spéculation rapporte moins, on devra puiser dans ses réserves pour rembourser les emprunts mais où prendra-t-on l'argent si on vit à crédit? La peur des riches c'est cela et aussi la hantise de l'inflation qui fait perdre de la valeur à leur argent. On investit donc dans la pierre, valeur sûre à long terme, qui se garanti par elle-même aux yeux des banques.

    Mais question tout de même: construire des infrastructures c'est bien, cela sert à tout le monde mais pour construire des logements et des bureaux, il faut trouver des locataires. Et là on rejoint le chapitre de l'augmentation de la démographie. En Suisse, les habitants font peu d'enfants, les statistiques le disent, tout juste de quoi se renouveler: une naissance pour un décès. C'est pour cela que les possédants continuent inlassablement à favoriser l'immigration de gens solvables, ils importent des travailleurs, de l'UE essentiellement. Ils veulent des locataires "sérieux" pour leurs immeubles et peu importe les conséquences de leurs "importations" (trop de monde partout, y compris sur les routes, et par conséquent trop de déchets, trop de pollution, et obligation  de trouver des zones à construire en pillant la nature. Aux propriétaires les bénéfices et à la collectivité les nuisances!
     

  2. Les caisses de pension
    Dans les journaux on ne parle que d'investissements, il faut investir sinon on meurt... Mais tout cela c'est simplement pour faire tourner la machine, pas pour faire plaisir aux citoyens! Les salariés se voient ponctionner chaque mois pour garnir le bas de laine de leur caisse de pension, mais il faut que cette dernière fasse des bénéfices pour pouvoir ensuite leur verser leur pension de retraite. En période de basse conjoncture, elles n'en font pas assez si bien qu'il ne leur reste qu'une solution: susciter l'arrivée en continu de nouveaux salariés afin d'alimenter le bas de laine. Ca ressemble un peu au système de Ponzi,  cher à un certain Madoff, qui était continuellement obligé de trouver de nouveaux clients afin de pouvoir offrir des intérêts généreux à ses anciens.  Jusqu'au jour, en 2008, où on arriva le crash...

    Tout cela pour dire que les caisses de pension, les plus gros investisseurs du monde, doivent en continu trouver le moyen de faire des placements sûr et des bénéfices pour augmenter leurs revenus et qu'actuellement c'est la pierre qui rapporte le plus tout en étant sûre à long terme. Cela explique le fait que les loyers restent toujours, en Suisse,  à un niveau inégalé en comparaison internationale. Nos propres enfants ont de la peine à se loger car ils sont en début de carrière, un moment de la vie où les salaires sont encore bas. Les loyers resteront donc trop haut tant que les propriétaires arriveront à "importer" des locataires de l'étranger. C'est pour cela que la pompe aspirante ne s'arrête jamais.

Conséquence de tout cela: c'est la frénésie de constructions, tant qu'on peut et que personne ne dit rien. Jusqu'à présent le Suisse était réputé pour son sérieux, mais cela pourrait bien changer, les jeunes ne sont plus disposés à se laisser faire comme leurs parents. Ils veulent tout et tout de suite. Comment le leur reprocher puisque c'est ce qu'on leur enseigne dans les écoles: créer des start-ups et savoir se vendre!

 

Finalement on voit bien que nous devons changer de système économique car le "toujours plus" actuel nous mène droit dans le mur, nous nous scions la branche sur laquelle nous sommes assia. Il y a des solutions, mais aucune qui ne passe pas par la raison et la justice sociale. En quelque sorte moins de crème dans les mille feuilles des  riches, afin que les pauvres puisse aussi en avoir un peu!... En quelque sorte lâcher quelques miettes pour ne pas tout perdre!ü

A l'échelon communal, je souhaite pour ma part, que nos autorité pèsent un peu moins sur l'accélérateur et nous laissent un profiter de ce qui reste de notre espace de vie avant de tout couvrir de béton.

 

Ca peut se résumer trivialement en deux mots: mollo-mollo!

 

L'Ouest de Bussigny

 

 

 

L'Est de Bussigny