Les impôts
Retour

 

Actuellement, deux nouveaux quartiers sont légalisés et prêts pour la construction: Bussigny-Ouest (2000 habitants) et les Jonchets (500 habitants). Le PPA Industrie viendrait y rajouter environ 500 locataires.

Avec ces énormes chantiers sans précédent dans l'histoire de Bussigny, il y a fort à parier que nos impôts augmentent. Les promoteurs vont financer leurs constructions, c'est normal. Par contre, les infrastructures seront à la charge de la collectivité.

Aux promoteurs les bénéfices, à la collectivité les frais d'infrastructure et les nuisances ?

L'arrivée de milliers d'habitants pendant un laps de temps très court va nécessiter d'énormes dépenses pour aménager les routes, pour le gonflement de l'administration communale, pour le développement de la voirie, pour les salaires de la police, pour la déchetterie, pour le réseau d'égouts, pour la station d'épuration (va-t-on envoyer nos eaux sales à celle de Vidy?), pour le réseau d'eau potable (elle viendra d'où et de quelle qualité ?), pour le corps des sapeurs-pompiers (grande échelle de 60 mètres), pour les écoles, etc...

En théorie l'arrivée de nouveaux habitants devrait coïncider avec des revenus fiscaux proportionnellement en hausse. Mais c'est sans compter sur le fait que les nouveaux logements ne seront pas forcément tous occupés. D'autre part, une partie des appartements seront mis en vente et, avec les multiples possibilités d'obtenir des forfaits fiscaux, il n'est pas sûr que la manne fiscale puisse couvrir les dépenses communales pour les infrastructures, dépenses rendues indispensables par ces constructions denses et massives qu'il faudra bien desservir, que tous les appartements soient occupés ou non.

Pendant des décennies, nos finances communales ont été bien gérées et nos impôts sont restés en-dessous de la moyenne. Mais là nous passerons d'un village de 8200 habitants à une ville de 20'000 en peu d'années. Ce genre "d'emballement" se paye toujours au prix fort. Et ce ne sont pas les impôts des nouveaux habitants ainsi "aspirés" qui compenseront le coût de cette expansion forcenée. La Commune devra emprunter et, bien-sûr, ce sera aux citoyens de passer à la caisse.

 

Si ces tours apportaient des avantages aux habitants actuels de Bussigny, on pourrait comprendre qu'on les plébiscite, mais ces projets pharaoniques n'amèneront que des nuisances !

 

Le plan des investissements présenté par la Municipalité prévoit 60 millions de dépenses de 2011 à 2016, ce qui fait passer nos finances de +30 millions à -30 millions en l'espace de 5 ans ! Il faudra bien les rembourser un jour ces dettes !
 

Plan des investissements (en millions de Fr.):

2012: 5.64
2013: 9.31
2014: 12.65
2015: 15.39
2016: 17.7

On voit que la progression est presque exponentielle, chaque année on dépensera plus que la précédente pour arriver à 3 x plus en 2016 qu'en 2012.
 

Par comparaison, pratiquement toutes les  communes qui ont accepté de grands ensembles immobiliers sur leurs territoires sont maintenant très endettées et certaines ne peuvent même plus faire face à leurs engagements. Voir "Les communes vaudoises dans le rouge".

 

Les statistiques fédérales (Finances publiques 2012) sont éloquentes à cet égard. En moyenne, les communes sont de plus en plus déficitaires alors que c'est l'inverse pour les cantons et confédération.

Solde de financement des communes:

2008: + 565 mio
2009: - 492 mio
2010: - 489 mio

Et pourtant les communes ont encaissé en moyenne + 0,4 % d'impôts de plus entre 2009 et 2010, mais compensés par la même augmentation des dépenses.

Est-ce que ce sont les communes qui font les frais de la crise et de l'augmentation de la population ? Ou sont-elles très sollicitées, "encouragées", à dépenser pour donner du travail aux entreprises sous prétexte de crise ?

Car bizarrement le nombre d'actifs occupés en Suisse a augmenté de 0,9% et le commerce de détail de 5,9%, ce qui laisserait supposer que les affaires marchent bien !

 

Pour en revenir à Bussigny, on peut supposer que notre Municipalité s'est basée sur les prévisions d'augmentation de la population du PALM, qui planifie un doublement en 10 ans. Si on prend en compte les quartiers déjà légalisés et PPA Industrie, ainsi que les surfaces de bureaux à louer actuellement, on arrive presque à ce chiffre, surtout si on part du principe que la base  de calcul officielle des architectes, soit 50m2 de surface de plancher/personne, est pessimiste. Car quelle famille de classe moyenne dispose actuellement de 200m2 pour 4 personnes (50m2/pers)?

 

En conclusion, il serait sage que Bussigny ralentisse sa "frénésie" de constructions afin d'absorber le choc de l'augmentation massive et rapide de sa population. Sinon nous devrons massivement emprunter aux banques, ce qu'il faudra compenser par des augmentations d' impôts. C'est mathématique !

 

Retour