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Court parcours de l'histoire de l'Humanité
J have a dream

Par Michel Vonlanthen

Humanité phase 1

Chasse, pêche, cueillette

Il y a environ 2,4 millions d'années, apparaissait sur Terre le genre Homo, descendant des premiers hominidés d’Afrique de l’Est, les Australopithèques. On attribue à ces derniers le premier outil, le biface, inventé un million d’années plus tôt. Les anthropologues ont nommé Homo habilis (homme habile) le premier humain digne de représenter la lignée humaine, car il se tenait sur deux jambes et savait fabriquer des outils, preuve de son intelligence. Ainsi, l’Homme est apparu sur Terre il y a entre 2 et 3 millions d’années.

Au fil du temps, il évolua en Homo erectus (homme debout). C’est cet ancêtre qui découvrit l’usage du feu, vers -400 000 ans, transformant ainsi sa vie. Grâce au feu, il put maintenir à distance les prédateurs et cuire sa nourriture, lui offrant ainsi des protéines de meilleure qualité. Dès lors, le volume de son cerveau augmenta, en parallèle avec son intelligence, jusqu’à sa métamorphose en Homo sapiens (homme moderne), qui arriva en Europe vers -40 000 ans.

Homo sapiens était chasseur-cueilleur, se nourrissant de chasse, de pêche et de cueillette. Il menait une vie nomade pour suivre les troupeaux d’animaux selon les saisons. Ce mode de vie l’obligeait à ne transporter que peu d’objets, ce qui impliquait que la notion de propriété n'existait pas. Sa vie était simple: il lui fallait environ 2 heures de travail par jour pour assurer sa subsistance.

C’était peut-être cela, le paradis…

Humanité phase 2

Agriculture, écriture et sédentarité

Le passage à Homo sapiens rendit le physique de l’homme moins massif que celui de son prédécesseur direct, l’Homme de Neandertal, marquant ainsi l’emprise croissante du cerveau sur le physique, de l’intelligence sur la force brute. Dès lors, tout alla très vite. L'augmentation de l’intelligence permit l’invention de nouveaux outils, d’armes, mais aussi de l’agriculture et de l’écriture. L’Homme devint majoritairement sédentaire, et des villages et des villes apparurent. Il ne se déplaçait plus, cultivait sa terre et élevait des animaux. Avec cela, il avait désormais quelque chose à défendre, ce qui donna naissance à la notion de propriété.

Ce concept amena également des conflits pour protéger ses biens contre ceux qui tentaient de s’en emparer. Les sédentaires devinrent souvent les proies des prédateurs nomades; un exemple typique de cette situation était celui des Amérindiens avant l'arrivée des colons européens..

La sédentarité conduisit également les gens à construire des maisons, des étables, à clôturer des champs et à se fabriquer des outils pour la culture et l’élevage. Certains, plus intelligents ou plus industrieux, développèrent leur exploitation et s'enrichirent, pouvant acquérir d’autres terres et employer des travailleurs. Ainsi naquit la notion de richesse. La suite est une longue litanie de luttes et de guerres pour l’accaparement des biens et des terres, souvent encouragées par les autorités religieuses.

Humanité phase 3

Economie et démographie

 

Lorsque l’Homme mange à sa faim, il fait des enfants, ce qui fait croître les populations. L’apparition de l’agriculture provoqua donc une grande croissance démographique, obligeant les sociétés à s’organiser en villages, villes et pays. Le titre de chef évolua en roi, puis en empereur, parallèlement à l’accroissement des populations. Cela permit de concentrer les richesses dans les mains d’une petite élite, qui lutta pour obtenir le pouvoir et le conserver, transformant les dynasties en lignées héréditaires. Ainsi se développa l’aristocratie, un petit nombre d’hommes se partageant pouvoir et richesse. Cette organisation changea radicalement en grande partie à la Révolution française de 1789, où le capitalisme prit le dessus. Les « rois » ne devaient plus leur statut au droit divin et héréditaire, mais à leurs fortunes. Au XXᵉ siècle, avec la mondialisation, des entreprises multinationales devinrent plus riches et puissantes que de nombreux États.

Les sciences connurent une avancée spectaculaire dès le XVIᵉ siècle et encore plus à partir du XXᵉ siècle. Einstein découvrit la relativité restreinte en 1905, et 40 ans plus tard, la première bombe atomique fut lâchée sur Hiroshima. Le transistor fut inventé en 1948, et 21 ans plus tard, l’Homme mit le pied sur la Lune. En 2007, le premier smartphone fut commercialisé : un micro-ordinateur un million de fois plus puissant que celui de la mission Apollo 11.

Avec le capitalisme, la croissance devint un mot d’ordre. Auparavant, une entreprise générant suffisamment de bénéfices pour couvrir ses charges, investir et rémunérer son propriétaire était considérée comme saine. Désormais, elle doit chaque année gagner plus que l’année précédente. Les actionnaires exigent une augmentation constante des dividendes, faute de quoi ils remplacent les dirigeants. En conséquence, l’économie se focalise sur le court terme, sur la recherche du profit immédiat sans se soucier des conséquences environnementales.

Les effets incluent le dérèglement climatique, la disparition de la biodiversité et l’emballement de la croissance démographique.

 

Humanité phase 4

Changement de paradigme

L’Humanité est arrivée à la croisée des chemins. Elle peut continuer sans rien changer à son mode de fonctionnement, devenant alors l’actrice de sa propre disparition dans deux ou trois siècles. La température du climat se sera tellement élevée que la vie deviendra impossible sur la majeure partie du globe, forçant les peuples à émigrer et à se battre pour occuper les zones encore habitables. Les conflits s’intensifieront autour des ressources, notamment pour l’eau potable. La réduction de la biodiversité entraînera la prolifération de nouveaux virus et la raréfaction des sources de protéines animales, aggravée par la consanguinité des espèces.

Pire encore, un dirigeant irresponsable pourrait déclencher l’arme atomique, provoquant une réaction en chaîne, un hiver nucléaire qui pourrait effacer en quelques jours toute vie terrestre. La prophétie de la fin du monde serait réalisée, et l’Humanité aurait disparu.

Mais il y a une autre voie. L’Humanité peut entrer dans un âge de raison, où son intelligence l’amène à prendre conscience qu’elle doit changer son fonctionnement pour survivre. Dans cette vision, l’Homme réforme profondément sa manière de penser et de travailler, adoptant l’empathie et le respect. Les Hommes ne sont plus des concurrents mais des partenaires, unis pour exploiter avec soin les ressources de la planète Terre. L’Humanité serait enfin mature, libérée de la loi naturelle du "fort qui mange le faible", en route vers un avenir durable et harmonieux.

Dans cette vision, après avoir éradiqué la violence et les guerres, l’Humanité pourrait réaffecter les ressources ainsi économisées pour contrer les menaces existentielles collectives et œuvrer au bien-être de tous. Le paradis éternel, promis par la Bible, ne serait plus réservé à quelques "bons croyants", mais deviendrait une réalité accessible à toute l’Humanité.

Ainsi, le souhait de Baruch Spinoza se réaliserait: une Humanité apaisée, unie, et guidée par la sagesse et l’empathie. "La paix n'est pas l'absence de guerre, c'est une vertu, un état d'esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice".