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Humanité phase 1
Chasse,
pêche, cueillette
Il
y a environ 2,4
millions d'années, apparaissait sur
Terre le genre
Homo, descendant des premiers hominidés
d’Afrique de l’Est, les
Australopithèques. On attribue à ces
derniers le premier outil, le biface, inventé un
million d’années plus tôt. Les anthropologues
ont nommé Homo
habilis (homme habile) le premier
humain digne de représenter la lignée humaine,
car il se tenait sur deux jambes et savait
fabriquer des outils, preuve de son
intelligence. Ainsi,
l’Homme est
apparu sur Terre il y a entre 2 et 3 millions
d’années.
Au fil du temps, il évolua
en Homo erectus
(homme debout). C’est cet ancêtre qui découvrit
l’usage du feu,
vers -400 000
ans, transformant ainsi sa vie. Grâce
au feu, il put maintenir à distance les
prédateurs et cuire sa nourriture, lui offrant
ainsi des protéines de meilleure qualité. Dès
lors, le volume de son cerveau augmenta, en
parallèle avec son intelligence, jusqu’à sa
métamorphose en
Homo sapiens (homme moderne), qui
arriva en Europe vers
-40 000 ans.
Homo sapiens était
chasseur-cueilleur, se nourrissant de
chasse, de pêche et de cueillette. Il menait une
vie nomade
pour suivre les troupeaux d’animaux selon les
saisons. Ce mode de vie l’obligeait à ne
transporter que peu d’objets, ce qui impliquait
que la notion de
propriété
n'existait pas. Sa vie était simple: il lui
fallait environ
2 heures de travail par jour pour
assurer sa subsistance.
C’était peut-être cela, le
paradis…
Humanité phase 2
Agriculture, écriture
et sédentarité
Le passage à
Homo sapiens
rendit le physique de l’homme moins massif que
celui de son prédécesseur direct,
l’Homme de
Neandertal, marquant ainsi l’emprise
croissante du
cerveau sur le physique, de l’intelligence
sur la force brute. Dès lors, tout alla très
vite. L'augmentation de l’intelligence permit
l’invention de nouveaux outils, d’armes, mais
aussi de l’agriculture et de l’écriture. L’Homme
devint majoritairement
sédentaire,
et des villages et des villes apparurent. Il ne
se déplaçait plus, cultivait sa terre et élevait
des animaux. Avec cela, il avait désormais
quelque chose à
défendre, ce qui donna naissance à la
notion de
propriété.
Ce concept amena également
des conflits pour protéger ses biens contre ceux
qui tentaient de s’en emparer. Les sédentaires
devinrent souvent les proies des prédateurs
nomades; un exemple typique de cette situation
était celui des Amérindiens avant l'arrivée des
colons européens..
La sédentarité conduisit
également les gens à construire des
maisons,
des étables,
à clôturer
des champs et à se fabriquer des outils pour la
culture et l’élevage. Certains, plus
intelligents ou plus industrieux, développèrent
leur exploitation et s'enrichirent, pouvant
acquérir d’autres terres et employer des
travailleurs. Ainsi naquit la notion de
richesse.
La suite est une longue litanie de luttes et de
guerres pour l’accaparement des biens et des
terres, souvent encouragées par les autorités
religieuses.
Humanité phase 3
Economie et
démographie
Lorsque
l’Homme mange à sa faim, il fait
des enfants, ce qui fait croître
les populations. L’apparition de
l’agriculture provoqua
donc une grande croissance
démographique, obligeant les
sociétés à s’organiser en
villages, villes et pays.
Le titre de chef évolua en
roi, puis en
empereur, parallèlement
à l’accroissement des
populations. Cela permit de
concentrer les
richesses dans les
mains d’une petite élite, qui
lutta pour obtenir le pouvoir et
le conserver, transformant les
dynasties en lignées
héréditaires. Ainsi se développa
l’aristocratie,
un petit nombre d’hommes se
partageant pouvoir et richesse.
Cette organisation changea
radicalement en grande partie à
la
Révolution française de 1789,
où le
capitalisme prit le
dessus. Les « rois » ne devaient
plus leur statut au droit divin
et héréditaire, mais à leurs
fortunes. Au
XXᵉ siècle, avec la
mondialisation, des
entreprises multinationales
devinrent plus riches et
puissantes que de nombreux
États.
Les
sciences connurent une
avancée spectaculaire dès le
XVIᵉ siècle et encore
plus à partir du
XXᵉ siècle.
Einstein découvrit la
relativité restreinte en 1905,
et 40 ans plus tard, la première
bombe atomique fut lâchée sur
Hiroshima. Le
transistor fut inventé
en 1948, et 21 ans plus tard,
l’Homme mit le pied sur la Lune.
En 2007, le premier
smartphone fut
commercialisé : un
micro-ordinateur un million de
fois plus puissant que celui de
la mission
Apollo 11.
Avec le
capitalisme, la
croissance devint un
mot d’ordre. Auparavant, une
entreprise générant suffisamment
de bénéfices pour couvrir ses
charges, investir et rémunérer
son propriétaire était
considérée comme saine.
Désormais, elle doit chaque
année gagner plus que l’année
précédente. Les
actionnaires exigent
une augmentation constante des
dividendes, faute de quoi ils
remplacent les dirigeants. En
conséquence, l’économie se
focalise sur le court terme, sur
la recherche du
profit immédiat sans se
soucier des conséquences
environnementales.
Les effets
incluent
le dérèglement climatique,
la disparition de la
biodiversité et l’emballement de
la croissance démographique.
Humanité phase 4
Changement de paradigme
L’Humanité est
arrivée à la croisée des chemins. Elle
peut continuer sans rien changer à son mode de
fonctionnement, devenant alors l’actrice de sa
propre disparition dans deux ou trois siècles.
La température du climat se sera tellement
élevée que la vie deviendra impossible sur la
majeure partie du globe, forçant les peuples à
émigrer et à se battre pour occuper les zones
encore habitables. Les conflits s’intensifieront
autour des ressources, notamment pour l’eau
potable. La réduction de la biodiversité
entraînera la prolifération de nouveaux virus et
la raréfaction des sources de protéines
animales, aggravée par la consanguinité des
espèces.
Pire encore, un dirigeant
irresponsable pourrait déclencher l’arme
atomique, provoquant une réaction en chaîne, un
hiver nucléaire
qui pourrait effacer en quelques jours toute vie
terrestre. La prophétie de la fin du monde
serait réalisée, et l’Humanité aurait disparu.
Mais il y a une
autre voie. L’Humanité peut entrer dans
un âge de raison, où son intelligence l’amène à
prendre conscience qu’elle doit changer son
fonctionnement pour survivre. Dans cette vision,
l’Homme réforme profondément sa manière de
penser et de travailler, adoptant l’empathie et
le respect. Les Hommes ne sont plus des
concurrents mais des partenaires, unis pour
exploiter avec soin les ressources de la planète
Terre. L’Humanité serait enfin mature, libérée
de la loi naturelle du "fort qui mange le
faible", en route vers un avenir durable et
harmonieux.
Dans cette vision, après
avoir éradiqué la violence et les guerres,
l’Humanité pourrait réaffecter les ressources
ainsi économisées pour contrer les menaces
existentielles collectives et œuvrer au
bien-être de tous. Le paradis éternel, promis
par la Bible, ne serait plus réservé à quelques
"bons croyants", mais deviendrait une réalité
accessible à toute l’Humanité.
Ainsi, le
souhait de Baruch Spinoza se réaliserait:
une Humanité apaisée, unie, et guidée par la
sagesse et l’empathie. "La paix n'est pas
l'absence de guerre, c'est une vertu, un état
d'esprit, une volonté de bienveillance,
de confiance, de justice".
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