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Paix des braves en Palestine

Comprendre c'est se donner la possibilité de pardonner

 

Par Michel Vonlanthen

 

Mis à jour le 25 décembre 2024

 

 

 

Préface

Comprendre c'est se donner la possibilité de pardonner

 

La question de la persécution des Juifs me poursuit depuis mon enfance. À l'âge de cinq ans, j’ai pratiquement appris à lire en feuilletant la série de livres "Le Monde en mouvement" de Marcel Suès, que possédaient mes parents. La description des camps de concentration nazis et les horreurs qui s’y déroulaient ont hanté ma jeunesse.

 

J'avais 11 ans et j'étais en deuxième année au Collège Scientifique de Lausanne. J’avais dû préparer un exposé et j’avais choisi "les camps de concentration nazis" pour sujet. Mon professeur, Mr Archinsky, m’avait attribué la meilleure note, un 10, certainement pas pour mes qualités d’orateur, mais pour ce que ce sujet représentait probablement pour lui car il était polonais. Par la suite, j’ai lu tout ce que je pouvais trouver sur ce sujet et je suis devenu un admirateur d’Israël. Ce petit pays, qui tentait de se faire une place au soleil, incarnait pour moi le David du Proche-Orient et cela me plaisait.

 

Mon admiration pour Israël a vacillé lors du procès d’Adolf Eichmann, le nazi pendu pour crimes contre l’Humanité. Les Israéliens l’avaient traqué, capturé, extradé, jugé et exécuté. C’était aussi l’époque où ils recherchaient les terroristes palestiniens responsables de l’assassinat de leur onze athlètes aux Jeux Olympiques de Munich. Ils les éliminaient systématiquement, un à un, partout où ils se trouvaient, faisant une erreur tragique au passage, qui conduisit à l'exécution d’un innocent.

 

Je suis un fervent partisan de la rédemption. À mes yeux, il est essentiel de laisser aux criminels une chance de se repentir et de réintégrer la normalité. Mais là, j’avais le sentiment que ces actes de vengeance sans fin prolongeaient indéfiniment le cycle de la violence, à l’image des vendettas des familles italiennes qui, à force de représailles, finissent par oublier pour quoi elles se battent.

 

Ces événements m’ont poussé à m’informer plus à fond sur le drame palestinien. C’est alors que j’ai réalisé que  les principales victimes de ce conflit étaient les Palestiniens, et non les Israéliens comme je le pensais. Bien sûr, on peut comprendre que les Juifs d’Europe aient voulu se créer un pays refuge, un lieu où ils ne pourraient plus être persécutés. Mais il est également compréhensible que les Palestiniens aient cherché à repousser ces nouveaux arrivants, perçus comme des envahisseurs. N’importe qui aurait fait de même à leur place. Ainsi, mes certitudes vacillèrent, et je compris que la complexité de ce conflit exigeait une réflexion plus approfondie.