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En finir avec la guerre et l'antisémitisme

Par Michel Vonlanthen

 

Mis à jour le 25 octobre 2024

 

Comprendre c'est se donner la possibilité de pardonner (Michel Vonlanthen)
 

L'histoire qui suit est un roman. Mais un roman très spécial puisque tout ce qui s'y trouve est vrai et que toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé n'est pas une coïncidence fortuite, elle est voulue. C'est le fruit de la curiosité d'un petit garçon qui avait découvert des livres d'histoire dans la bibliothèque de ses parents  et qui s'en était servi pour apprendre à lire. Il aurait pu tomber sur des histoires d'amour, mais non, ces livres-là rappelaient le passé très récent de la guerre mondiale 39-45 et montraient, entre autres joyeusetés, des camps de concentration. Le petit blondinet en fut frappé et passa sa vie à chercher un sens à toute cette misère. C'était son destin puisqu'il commença sa quête de vérité juste après la dernière guerre mondiale et la termina juste avant celle qui aurait pu se produire s'il n'avait  pas écrit ce livre...

 

 

1. Faire la paix au Proche-Orient et éradiquer l'antisémitisme

 

Ce qu'un pays appelle ses intérêts vitaux n'est pas ce qui aide ses habitants à mieux vivre, mais ce qui l'aide à faire la guerre (Simone Weil)

 

La guerre au proche Orient a pris source au jour de la seconde naissance d'Israël, le 14 mai 1948. Un peuple d'apatrides arrivait en Palestine, avec la bénédiction de la Société des Nations, et entendait prendre la place de ceux qui s'y trouvaient déjà au nom de leur religion. Les Palestiniens s'y refusant, le drame fut inévitable.

 

L'antisémitisme, l'hostilité à l'encontre des Juifs, est surtout connu grâce aux horreurs faites aux européens de confession juive par les nazis pendant la guerre 39-45, la Shoah. Ce n'était pas un phénomène nouveau, des persécutions  avaient déjà eu lieu bien avant un peu partout en Europe, mais de cette ampleur jamais.

 

De mon point de vue, il existe un lien entre ces deux phénomènes. En éliminant l'un, on ferait de facto disparaître l'autre. C'est l'objet de ma thèse: si la paix revenait en Palestine, l'antisémitisme disparaîtrait. Et le monde entier ne s'en porterait que mieux.

 

Pourquoi les Juifs furent-ils persécutés durant des siècles ? Cela fait des années que je tente de le savoir en questionnant les Juifs eux-mêmes, et c'est toujours la même réponse "Parce que nous sommes des bouc émissaires". Oui, d'accord, mais pourquoi bouc émissaires et pourquoi vous ? C'est à cette double question que je vais tenter de répondre.

 

Depuis quelques années, le monde semble perdre la tête. La violence devient la méthode de résolution des conflits. Les guerres sont partout et plus personnes ne respecte les conventions internationales. On dirait que les misères des deux premières guerres mondiales, les "der de der", ont été oubliées. Et pourtant, de toutes les catastrophes, les guerres sont les pires !

 

Et puis s'est produite l'attaque du 7 octobre 2023. Le Proche Orient est partis dans un cycle de violence absolue, voyant des milliers de civils, de femmes et d'enfants massacrés et leurs maisons rasées. De mon point de vue, c'est un élément déclencheur, un trigger en anglais, qui va avoir une conséquence majeure pour l'Humanité. Pas forcément dans un sens négatif. Je vais m'en expliquer.

 

En 1948, au Proche Orient, nous avons assisté au retour de ceux qui avaient échappé aux fours crématoires des nazis. Puis à leurs difficultés à s'imposer dans un pays qui ne les voulait pas, C'était compréhensible puisque cette région était déjà peuplée et que les nouveaux venus venaient prendre la place de ceux qui s'y trouvaient déjà. Puis ces nouveaux arrivants montèrent en force et prirent le dessus sur les autochtones, ce qui allait leur permettre de profiter de ce magnifique pays inondé de soleil, mais hélas au détriment du peuple palestinien qui se retrouvait à son tour repoussé hors de son pays par plus fort que lui.

 

Quelle était la logique de tout ceci ? Que l'être humain ne faisait sa place que sur le cadavre de son prochain ?  Que la spirale de violence de la nature - le fort mange le faible, qui à son tour mange plus faible que lui, qui à son tour mange plus faible que lui - est la seule règle de vie sur terre ?


Et ce serait ça l'Humanité ? L'Homme qui refusait, au début de l'anthropologie, de se considérer comme un descendant du singe, se prenant pour un être supérieur créé directement par Dieu ! Et ce serait cet homme-là que Dieu aurait créé à Son image ?

 

Quelle cruelle désillusion mon papé !...

 

Les athées disent que l'Homme est un animal comme les autres, qui a eu simplement la chance que l'évolution darwinienne le dote d'un cerveau surdéveloppé et le propulse au sommet de la création. On peut le concevoir.

 

Cet Homme est maintenant arrivé à un degré d'intelligence telle qu'elle lui a permis de composer des musiques à faire pleurer, les quatre saisons de Vivaldi par exemple. Cet Homme a inventé le smartphone, un ordinateur de poche équivalent à la puissance d'un ordinateur qui tenait dans une pièce entière il y a quelques décennies seulement. Cet Homme a été capable de développer des vaccins susceptibles d'éradiquer la maladie. Cet Homme a marché sur la lune. Cet Homme a même inventé une intelligence artificielle susceptible de concurrencer son propres cerveau.


Et cet Homme-là serait incapable de voir qu'il est train de s'autodétruire ?


Eh bien non, je refuse, je repousse, je conteste, je dédaigne, je serre les freins, je dis non ! L'Homme intelligent doit être capable d'imaginer où le mène cette violence qui était son moteur jusqu'ici ! Il doit réaliser qu'il ne peut plus continuer à détruire tout ce qu'il touche. Sinon à quoi servirait-elle, son intelligence ?

 

En théorie, il a un avenir autre que son propre anéantissement cet Homme. Ou si ce n'est pas le cas, alors il n'a qu'à disparaître, personne ne le regrettera. Mais je refuse cette hypothèse. Oui cet Homme a un avenir. Mais pour cela, il doit remplacer la violence par quelque chose d'autre. Quelque chose qui lui permette de se développer et d'être heureux, mais cette fois sans violence. Le gros ne va plus manger le petit.

 

Un changement de paradigme, un saut quantique, un retournement de situation qui va étonner Dieu lui-même ! Lui qui a donné aux Hébreux la Terre promise. Qui leur a dit de prendre possession de ce pays, d'asservir ceux qui s'y trouvaient, et de passer au fil de l'épée ceux qui résistaient ! (Oui désolé, c'est inscrit en toutes lettres dans la Bible)! Il ne va pas en croire ses yeux notre bon Dieu !

 

Hypothèse

 

Dieu ne sera pas étonné par ce qu'Il va voir car Il l'avait prévu. C'était ça Son projet: développer le cerveau de l'Homme jusqu'à ce qu'il soit capable de réaliser de lui-même que la violence ne le mène qu'à sa propre destruction. Et qu'il change de paradigme en transformant un destin fait de violence en un destin fait d'empathie. C'est ça le projet de Dieu. Pour les croyants évidemment.

 

Notez que j'utilise le terme "empathie", la reconnaissance des sentiments de l'autre, mais je pourrais aussi dire "amour". Ce terme serait plus approprié, mais je le trouve un peu dévoyé par des siècles de massacres perpétrés par ceux là même qui étaient censés en avoir, de l'amour.

 

Il fallait un déclencheur à ce changement de paradigme, un électrochoc. Ce fut le 7 octobre.

 

Le 7 octobre 2023, l'assassinat de 900 Juifs par des Palestiniens fut sans commune mesure avec la vengeance des Israéliens: l'assassinat de 43'000 civils, femmes et enfants palestiniens tués quasiment en direct, sous les yeux de toutes les télévisions. L'armée israélienne a largué plusieurs fois l'équivalent de la bombe atomique d'Iroshima sur Gaza. Lors de la Shoah, c'était les Juifs les victimes, aujourd'hui, en Palestine, ce sont eux les bourreaux. Ils tuent, blessent et détruisent les maisons sans pitié ni empathie. Ceux qui ont soutenu leurs douleurs et leurs combats depuis 1948 n'en croyaient pas leurs yeux, leur désillusion fut immense !

 

Quoi, le Peuple élu de Dieu qui tue, qui blesse, qui emprisonne, qui torture, qui tire sur de jeunes gens, qui expulse d'honnêtes familles de leurs logis, qui bombarde des quartiers de civils, qui projette des milliers de famille dans la douleur ? Et ça, ce serait LE Peuple élu de Dieu ? Un peuple qui marche sur les cadavres des autres ?

 

 

2. Pourquoi cette recherche?

 

Jouissez de la vie, il est bien plus tard que vous ne le pensez! (Claude Lelouch)

 

C'est tout simple: parce que la question de la persécution des Juifs me hante depuis mon enfance. Lorsque j'avais 5 ans, j'ai pratiquement commencé à lire en feuilletant la série de livres "Le monde en mouvement", de Marcel Suès, que possédait mes parents. J'y voyais la description des camps de concentration et de ce qui s'y passait et cette vision m'a interpellé durant toute ma jeunesse. Lorsque j'étudiais au Collège Scientifique de Lausanne, j'avais dû faire un exposé et j'avais choisi ce sujet, les camps de concentration nazis. Monsieur Archinsky, mon professeur, m'avait mis un 10, la meilleure note, mais j'étais bien conscient que mes qualités d'orateur ne la méritaient pas, c'était pour le choix du sujet qu'il me l'avait mise. Il était polonais et mon exposé lui avait fait remonter des souvenirs.

 

Par la suite, j'ai bien sûr lu tout ce qui me tombait sous la main sur ce sujet et j'étais devenu un admirateur d'Israël. Ce pays ne se laissait pas faire, ce qui me plaisait bien.

 

C'est durant le procès du nazi Adolf Eichmann, pendu pour crime contre l'humanité, que j'ai commencé à douter. Les Israéliens l'avaient recherché, trouvé, extradé, jugé et pendu. C'était aussi l'époque où ils recherchaient les terroristes palestiniens qui avaient assassiné leurs 11 sportifs aux Jeux olympiques de Münich et les éliminaient les uns après les autres dans leurs pays de résidence, non sans faire une erreur au passage, tuant un innocent.

 

J'ai toujours été partisan de la rédemption car, pour moi, c'est important de laisser aux criminels la possibilité de se réformer et de leur pardonner leurs méfaits si vraiment ils s'en repentent et réintègrent la normalité. Mon sentiment était alors que les Israéliens allaient trop loin avec leurs actes de vengeance car cela prolongeait indéfiniment la violence, un peu comme les vendettas des familles italiennes qui ne savent plus, après coup, pour quoi elles se battent.

 

Tout cela m'avait incité à m'informer plus à fond sur le drame palestinien. J'ai alors réalisé que la plupart des gens réprouvait les Palestiniens et leur terrorisme, mais qu'en fait c'était eux qui étaient victimes des Israéliens. La Société des Nations avait concédé 55% de la surface de la Palestine aux Juifs pour qu'ils y fondent un pays, mais l'avait fait contre la volonté des gens qui y habitaient. Ce n'était donc pas étonnant que ceux-ci se soient opposés à l'arrivée massive de colons, allant jusqu'à leur faire la guerre et tenter de les repousser avec l'aide des pays voisins.

 

La situation n'était pas si simple qu'on l'imagine. La SDN avait décidé de prélever une partie de la Palestine pour la donner aux apatrides juifs afin qu'ils s'en fassent un havre de paix. Mais la Haganah, l'armée secrète juive, avait forcé la main aux Anglais, la puissance mandataire, en opérant de nombreux attentats terroristes contre eux et contre les Arabes. De leur côté, ces derniers faisaient de même contre les Juifs. La situation devint tellement intenable que la puissance mandataire quitta le pays. David Ben Gourion déclara alors autoritairement la Naissance d'Israël et les 750'000 Arabes qui habitaient la partie de la Palestine dévolue aux Juifs n'eurent plus qu'à partir, à moitié expulsés et à moitié volontairement. Cet exode est resté dans la mémoire des Palestiniens sous le nom de Nabka, la catastrophe. En Israël, ce terme est interdit dans les manuels scolaires.

 

Un témoignage passionnant de cette période est l'autobiographie du Général Moshé Dayan "Histoire de ma vie" (Editions Fayard).

 

Les habitants de la Palestine chassés de chez eux partirent se réfugier dans les pays environnants, essentiellement en Jordanie, mais aussi en Syrie, en Irak, au Liban et en Cisjordanie. C'était le début du nettoyage ethnique des Israéliens à l'encontre des Palestiniens qui débuta en 1948 et qui continue aujourd'hui encore avec la colonisation illégale de la Cisjordanie, le massacre des habitants de Gaza et sa destruction presque totale.

 

On peut comprendre que les Juifs d'Europe aient voulu se créer un pays d'accueil afin d'avoir une patrie, un refuge où on ne pourrait pas les persécuter. Cela, le monde entier l'avait compris à la sortie de la seconde guerre mondiale. On peut comprendre les Palestiniens, qui ont tenté de repousser ces envahisseurs, n'importe qui en aurait fait de même à leur place.

 

Par contre, comment comprendre que ceux qui avaient profondément souffert de persécutions, persécutaient à leur tour plus faible qu'eux ? Et pourtant, si quelqu'un dans le monde devait savoir ce qu'était la souffrance d'être discriminé, persécuté et chassés de sa maison, c'était bien le peuple juif ! Et voilà maintenant qu'il faisait la même chose aux Palestiniens, apparemment sans aucune pitié ni empathie ! Comment est-ce possible? Voilà aussi une autre question que je me pose.

 

Références:

 

A suivre...

 

Oublier le passé, c'est se condamner à le revivre (Primo Lévy)