Les perfectionnements des bombes
7
décembre 2025
Copyright Michel Vonlanthen
|
La suivante la bombe H thermonucléaire à fusion, une quantité d'hydrogène amorcée par une bombe à fission. Puissance max explosée: 50 MT (la Tsar Bomba des Russes), 50 millions de Tonnes d'équivalent TNT.
On était alors capables de produire des bombes de très grandes puissance permettant de maintenir la dissuasion nucléaire, mais inutilisables sur un champ de bataille car trop destructives et trop imprécises. Les recherches se concentrèrent donc sur le système d'allumage d'une explosion à fission ou à fusion à l'aide d'un laser super puissant. Il fallut une quinzaine d'années (1985, Oscar Eduardo martinez et Gérad Mourou), pour développer un lasers un million de fois plus puissants que les premiers modèles. Cela permit de mettre au point un système d'allumage où l'explosion d'une bombe à fission est remplacée par l'éclair d'un laser super puissant (1021 W/cm2), d'une durée de quelques femto secondes. Le laser remplaça donc une bombe A en tant que détonateur d'une bombe thermonucléaire, ce qui permit de réduire l'encombrement de la bombe et d'en augmenter la précision et la fiabilité.
En découla l'invention des bombes tactiques d'une puissance de 0.1 à 1 kT. Par comparaison, une bombe à explosif traditionnel (TNT) peut dégager une puissance de plusieurs centaine de kg. La bombe atomique tactique avait poids et un encombrement plus réduits, induisait bien moins de radioactivité (retombées et activation des sols) et on pouvait en moduler la puissance à volonté. La bombe atomique devenait utilisable sur un champ de bataille.
Puis vint la bombe à neutrons (dite bombe N) dont le but n'était pas de tout détruire dans un périmètre donné mais d'émettre des neutrons destinée à tuer tout être vivant tout en minimisant l'effet destructif du souffle et de la température. Par exemple, l'explosion d'une bombe A à fission e 10kT détruit tout dans un périmètre de 1200 mètres par conjonction des effets de souffle, de température et de radiations. A puissance équivalente, une bombe à neutrons dégage 80% de moins d'onde de choc et de brûlures, les reste ce sont des neutrons, qui tue tout ce qui vit.
Une bombe à neutrons ne fait généralement pas plus que 1kT car les effets mécaniques diminuent proportionnellement plus vite que l'effet des radiations, ce qui favorise les bombes de petit calibre. Avec ce genre de bombe, les servants d'un char seraient instantanément tués par le rayonnement radioactif mais le char resterait en plus ou moins bon état aux attaquants. On tue les gens mais on ne détruit pas le matériel. Du moins en théorie car, en pratique, si une bombe à neutrons de 1kT infligeait une dose mortelle à un fantassin à découvert dans un rayon de 900 mètres du centre de l'explosion, ce rayon n'est plus que de 600 mètres à l'abri d'un blindage dans un char XM-1 américain ou T-80 soviétique. Dans ces conditions, ce rayon est à peine supérieur aux 500 mètres à l'intérieur duquel l'onde de choc détruit tout sur son passage.
Il faut 3 kg de Plutonium et 20 g de Tritium pour cela. Mais le tritium ayant une demi vie de 12 ans, il faut régulièrement compléter le tritium des bombes stockées pour compenser les pertes par irradiation, ce qui complique leur utilisation et rend leur stockage difficile. C'est donc une bombe très compliquée à fabriquer et difficile à stocker. Néanmoins, le président Reagan décida en 1980 de fabriquer 1080 bombes à neutrons dont 800 obus d'artillerie pouvant être tirés par des obusiers jusqu'à une distance de 40 km.
D'autres types de bombe émergèrent dont une qui exploserait en haute atmosphère afin de créer une impulsion électromagnétique nucléaire (NEMP, Nuclear ElectroMagnetic Pulse) capable de détruire tout équipement électronique ou de télécommunications à sa portée en provoquant des tensions très élevées dans les composants électroniques ce qui les détruit. En 1962, Les USA firent exploser une bombe de 1.44 MT à 400 km d'altitude. L'impulsion NEMP fit des dégats jusqu'à Hawai, à 1445 km du lieu de l'explosion: 300 lampadaires éteints, alarmes antivol déclenchées et dommages sur un réseau de communication micro-ondes.
Egalement des obus "sales" contenant de l'uranium enrichi qui se disperse lors des explosions et des armes à énergie dirigée: armes à micro-ondes capables de détruire des composants électroniques à distance, armes laser de haute puissance capables de faire exploser une cible à distance, typiquement 200 g d'équivalent TNT, etc.
Le doute s'installe
En 1963, le Russes et les Américains signèrent un traité contre les explosions atomiques dans l'atmosphère. On commençait tout de même à se rendre compte que le monde allait à sa perte avec ces inventions et on tenta de minimiser le développement d'armes nouvelles par des pays qui ne possédaient pas encore le feu nucléaire. Ce fut le traité de non-prolifération nucléaire, signé par la plupart des pays en 1968 mais pas tous. La Suisse par exemple n'en fut pas (sic), ni Israël. L'effet pervers de ce traité fut de pousser les pays les plus avancés à développer des bombes qui n'entraient pas dans le cadre du traité.
On s'aperçut alors que la fabrication d'une bombe H n'était pas si difficile que cela à fabriquer. Pratiquement n'importe-quel pays était capable de le faire avec des matériaux et des informations quasiment du domaine public. Et puis la nouvelle technique du "boosting", quelques grammes de Tritium rajoutés à une bombe à fission afin d'en multiplier les performances, en "remettait une couche", permettant de fabriquer une bombe A avec du Plutonium de qualité "centrale atomique" plutôt que de qualité "militaire". On pouvait donc récupérer du Plutonium d'une centrale atomique civile et l'utiliser directement pour en faire une bombe atomique, c'était plus facile que de fabriquer une bombe de type "Iroshima " ou "Nagasaki". C'était ouvrir la porte aux terroristes.
1974: Les USA et l'URSS conviennent de limiter la puissance de leurs essais à 150kT.
En juillet 1995 à New York, prorogation du traité de non prolifération. Le problème est qu'en fait, ce traité est plus un traité de contre prolifération qu'un traité de non prolifération, en ce sens qu'il n'interdit pas la possession d'armes atomiques mais seulement leur dissémination, c'est-à-dire à leur accession par de nouveaux pays. Cela permet aux grands qui la possèdent déjà d'en garder l'exclusivité, ce que les pays tiers considèrent comme injuste. |