Les pays qui ont la bombe
10 mars 2026
Copyright Michel Vonlanthen
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En 1956, c'était la Grande Bretagne qui faisait exploser sa première bombe A. Au début elle faisait partie du projet Manhattan en compagnie des Canadiens mais les Américains cessèrent leur collaboration de peur des risques de fuites.
Le 13 février 1960, à Reggane dans le Sahara algérien, ce furent les Français qui firent exploser leur première bombe A appelée "Gerboise bleue", d'une puissance de 70kT. En 1968 ce fut leur première bombe H appelée "Canopus", d'une puissance de 2.6 MT, testée au-dessus de l'atoll de Fangataufa en Polynésie française.
En 1964 ce fut au tour de la Chine de faire exploser sa première bombe A d'une puissance de 22kT, suivie en 1967 de sa première bombe H de 3.3MT.
Puis ce fut le tour de l'Inde en 1974 (12kT) et du Pakistan en 1998 (40kT).
On en connaîtra sans doute jamais le contenu mais on peut imaginer que si ces documents avaient vraiment été top secrets et Fred Tinner un espion, ce dernier aurait été vraiment plus que stupide de les laisser sur le disque dur de son PC de bureau... Finalement, la CIA fit classer l'affaire pour ne pas devoir en dévoiler les dessous.
Voir l'article de la Weltwoche
Je connaissais Fred car il était président national de l'USKA (Union Schweizerische Kurzwellen Amateure dont j'étais membre actif. En 2002, il m'avait nommé membre de la commission qui était chargée de rédiger les nouveaux statuts de l'association. C'est à ce titre que je l'ai souvent côtoyé. Je lui avais posé des questions sur ce qu'on lisait de lui dans la presse et il m'avait assuré que c'était faux. Je l'ai cru volontiers car ce que je connaissais de lui allait dans ce sens. Pour moi, c'était un chic type, intelligent, travailleur et de parole.
En 2009, la Corée du Nord lançait sa première bombe A réellement opérationnelle de 15kT.
Le 22 septembre 1979, un satellite américain détectait l'éclair d'une explosion atomique qui fut situé en Afrique du Sud. Or, à la connaissances de la CIA, ce pays n'était pas encore en mesure de construire sa bombe. Par contre, on pensait que les Israéliens tentaient de faire des essais dans ce pays, le leur étant trop petit pour cela. La France leur avait fournit une centrale atomique (à Dimona) identique à celle de Marcoule (Gard), de la filière eau lourde-uranium naturel, destinée à produire du plutonium pour la fabrication d'une bombe atomique.
Bien que les Israéliens le nient, les USA attribuèrent cet éclair à l'explosion de la première bombe atomique d'Israël. Par la suite, le général de Gaulle cessa toute collaboration en ce sens et les 100 scientifiques français logés près de Dimona rentrèrent chez eux. Afin qu'aucun pays du Moyen-Orient ne puisse revendiquer la bombe parce qu'Israël l'avait, il avait été convenu avec les Américains qu'il n'en ferait jamais état. L'ambiguïté consistait donc à faire croire que l'Etat hébreu avait la capacité de fabriquer une bombe mais qu'il n'en avait jamais équipé de vecteurs. Le directeur du LAKAM (Bureau des relations scientifiques) était Benjamin Blumberg, alias Benjamin Vered, décédé en 2018 et enterré dans le cimetière du kibboutz de Magal.
Au total, en 2026, 8 pays disposent de la puissance nucléaire, 9 si on compte Israël, qui n'a jamais signé les accords de non-prolifération et nié avoir la bombe. La puissance totale explosée dans le monde est estimée à environ 510 MT. On retrouve des traces de ces essais sur toute la surface du globe. Des centaines de bombes atomiques explosèrent de par le monde en plus de celles relatées ci-dessus.
A noter que l'Afrique du Sud avait fabriqué 7 bombes atomiques de 15-20kT entre 1988 et 1989, mais elles ont été mises hors service en 1993. Il est dès lors plausible que le fameux éclair détecté en 1979 ait été provoqué par l'essai préliminaire d'une de ces bombes. Le mystère de l'existence de la bombe atomique israélienne reste donc total.
Références:
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