|
Le droit de se
défendre pour un pays attaqué est un
principe fondamental du droit international, reconnu et
encadré principalement par la
Charte des Nations Unies, notamment à travers l'article
51, qui stipule:
"Aucune
disposition de la présente Charte ne porte atteinte au
droit naturel de légitime défense,
individuelle ou collective, en cas d’agression armée..."
Ce droit
repose sur plusieurs grands principes :
Légitime défense
Un État a le droit de se défendre militairement s’il est attaqué par
un autre État. Ce droit est immédiat, naturel et individuel ou
collectif (via des alliances comme l’OTAN, par exemple).
Proportionnalité et nécessité
La réponse
doit :
1. être nécessaire pour
repousser l’agression
2. rester proportionnée à l’attaque subie
Une riposte excessive ou qui cible massivement des civils peut
violer le droit international humanitaire
Ce n'est pas
un blanc-seing à l’escalade.
Le droit de
se défendre ne permet pas :
3. des
représailles illimitées
4. des
occupations prolongées
5. ou des
actions préventives sans preuve d’un danger imminent
Cas particuliers: conflits asymétriques et acteurs
non-étatiques
Quand une
attaque provient de groupes non-étatiques (comme un groupe
terroriste), la question se complique:
6. Le pays
attaqué peut invoquer la légitime défense
7. Mais
les actions de riposte doivent respecter le droit international
humanitaire (notamment la protection
des civils)
8. Et ne
peuvent justifier un usage disproportionné de la force
Exemple de débat actuel
-
Israël invoque son droit à se défendre
après des attaques comme celles du 7 octobre 2023.
Mais le point 6 ci-dessus ne peut pas justifier une légitime
défense puisque l'agresseur est le peuple palestinien dans
son ensemble et non pas un groupe terroriste hors sol. Et ce
peuple est neutralisé et maintenu prisonnier par Israël, qui en
a dès lors la charge.
- Mais la
communauté internationale examine la
proportionnalité de sa riposte, notamment en ce qui
concerne les pertes civiles à Gaza. Se défendre n’annule pas
l’obligation de respecter les lois de la guerre.
-
Le droit de se défendre est aussi
valable pour les Palestiniens puisque ce sont eux qui
ont vu, sans leur consentement, leur territoire envahi par des
Juifs apatrides en 1948 et qui ont été expulsés de chez eux par
ces envahisseurs. Toutes les arguties juridiques invoquées par
ceux qui nient ce droit ne diminuent en aucune façon ce droit
fondamental.
- Ce qui
frappe surtout dans ce conflit, c'est l'asymétrie des moyens
dont disposent les deux belligérants.
Les Israéliens ont tout: une armée surpuissante, une
population armée (les Juifs seulement), une application des lois
différentes pour les Juifs et les Arabes (apartheid), une
justice à deux vitesses qui permet aux extrémistes juifs de tuer
des Palestiniens et de leur voler leurs terres sans encourir de
sanction, etc.
Les Palestiniens n'ont rien,
c'est la raison pour laquelle ils ont historiquement utilisé les
attentats (l'arme des pauvres) pour se défendre. Si un
Palestinien est vu avec une arme sur lui, il est immédiatement
soit tué soit mis en prison où il reste pendant
des années sans jugement. Il y est questionné, torturé et humilié.
- Une des
causes de l'opprobre quasi-générale au
sujet d'Israël, que certains nomment à tort
"antisémitisme", est le fait que ce pays n'a jamais respecté les
résolutions de l'ONU à son égard (dans les 180), que son allié
américain oppose le plus souvent son veto à de telles
résolutions lorsqu'elles touchent Israël, et que ce dernier ne
respecte ni les conventions internationales ni la charte des
droits de l'homme. Il en résulte un sentiment de "deux poids
deux mesures" dans l'application du droit international.
ONU

Reste une question: les pays qui ne
respectent pas les résolutions de l'ONU ne devraient-ils pas en être
exclus? Ou du moins suspendus? Car ils participent ainsi
aux votes des résolutions envers d'autres pays tout en refusant de
respecter celles qui les concernent. Un
"deux poids deux mesures" qui devient de plus en plus
assourdissant et qui, dans le cas d'Israël, suscite l'indignation
générale. Israël nomme cela "antisémitisme", mais ce n'est rien
d'autre que l'opprobre de la communauté internationale face à ses
actions condamnées par l'ONU.
Ref: Résolutions de l'ONU relatives à
Israël:
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9solutions_de_l%27ONU_concernant_Isra%C3%ABl
Ref: Charte des Nations Unies
https://www.un.org/fr/about-us/un-charter/full-text
Ref: Décl. univ. des droits de l'homme:
https://www.ohchr.org/sites/default/files/UDHR/Documents/UDHR_Translations/frn.pdf
Ref: Antisémitisme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Antis%C3%A9mitisme
|